Un petit mot de présentation ?
Charles Taieb, médecin de formation, avec une expérience en santé publique et en qualité de vie. Mon travail au quotidien, c’est de mettre en place de grandes études internationales, soit pour des associations de patients, soit pour des sociétés savantes, soit pour des industriels de la santé, de façon à capter le fardeau des maladies, spécialement des maladies cutanées.
Ces études peuvent, et c’est un peu le pourquoi de l’appel à vous, aller de 30 000 à 50 000 individus qui répondent au questionnaire. Ils peuvent provenir d’entre 5 et 35 pays et avoir différentes maladies de peau, évidemment des genres différents, soit des hommes, soit des femmes, des phototypes différents et, pour moi, des peaux claires. Et donc on a tout un échantillon qui est représentatif de bien des individus du monde.
Parce que quand on met en place une étude avec 35 000 ou 40 000 personnes qui répondent à un questionnaire, qui viennent de cinq continents différents, bien évidemment on a tout type de personne, tout type de peau, tout type de couleur.
Peux-tu nous en dire un peu plus sur tes projets ? Comment ont-ils vu le jour ?
C’est-à-dire que, par exemple, je prends un projet sur la dermatite atopique qui s’appelle Scar of Life. L’idée est de se dire : l’eczéma est une maladie qui apparaît relativement jeune, dès l’enfance. Même certains nourrissons ont déjà une dermatite atopique. 10 % de ceux qui ont une dermatite atopique pendant l’enfance vont la conserver pendant l’âge adulte. Ce qui veut dire que 90 % de ceux qui ont une dermatite atopique pendant l’enfance ne l’auront pas à l’âge adulte.
À côté de ça, on a des individus dont la dermatite atopique va apparaître à l’âge adulte. Ce que vous voulez voir, c’est : est-ce que le fait d’avoir une dermatite atopique durant l’enfance modifiait la vie d’adulte ? C’est pour ça qu’on l’avait appelé Scar of Life : est-ce que cette dermatite atopique va rester une cicatrice de la vie pour ces patients ?
Comment as-tu découvert Data Champ’ et qu’est-ce qui t’a convaincu de collaborer avec nous ?
En réalité, je ne crois pas que j’ai découvert Data Champ’, j’ai plutôt découvert Charles Bordet. Parce qu’il y a à peu près dix ou douze ans, quand j’ai commencé, que j’ai créé la société Emma, j’avais tout simplement besoin de faire des analyses statistiques. À l’époque, il en faisait. Je l’ai croisé par hasard sur Malt parce que pour moi, c’était plus facile. Et donc j’ai croisé d’abord Charles. Il m’a fait mes premières analyses, donc il y a dix ans, et le hasard a voulu qu’on se perde de vue, que lui évolue, qu’il se libère des analyses stats et qu’il aille vers autre chose.
Et donc je l’ai croisé comme ça, par hasard. Comme à l’époque, je travaillais également avec Bioderma sur Lyon. Un jour, je lui ai dit : « Écoute, je suis à Lyon, tel jour je vais rencontrer Bioderma. Est-ce que tu veux qu’on se croise ? » Il m’a dit oui, on a fait les premières analyses, on s’est pas reparlé pendant presque sept ou huit ans. Et il y a deux ans et demi, trois ans, je l’ai appelé parce que j’avais besoin de faire des analyses. Bon, il m’a expliqué qu’il ne le faisait plus et il m’a orienté vers quelqu’un d’autre.
Et aussi, on a quand même échangé par téléphone et par visio. Je lui ai expliqué ce que je cherchais et il m’a dit : « Tu sais, je crois qu’on peut le faire. » Voilà, c’est vraiment le hasard. Donc ce hasard a voulu qu’il me fasse une première expérience.
La première expérience était pour Pierre Fabre, pour l’étude Hall. Ça a largement plu parce que c’est effectivement très attractif. Je disais tout à l’heure qu’on mettait en place des études avec 30, 40, 50 000 personnes dans 30 ou 35 pays différents. Il est vrai que la plateforme que vous proposez (je ne sais pas comment il faut l’appeler, on l’appelle « la plateforme ») permet par exemple à des médecins italiens de regarder en Italie la prévalence de telle maladie, uniquement chez les femmes et dans la tranche d’âge de 20 à 30 ans, par exemple.
Donc c’est réellement amener les résultats. Parce que je pense que dans les résultats qu’on a, on doit avoir trois ou quatre millions de données, mais évidemment ces trois ou quatre millions de données n’intéressent pas tout le monde. Les gens ne s’intéressent qu’à trois ou quatre données, et on leur offre la possibilité de mettre un focus, de mettre de la lumière sur ces trois ou quatre données, de les avoir immédiatement.
Alors, le procédé s’est nettement amélioré parce qu’après, on pouvait imprimer la fiche de résultats. On peut imprimer la totalité des résultats sur un pays. On l’a fait pour Pierre Fabre, ça a plu à La Roche-Posay, et la preuve : La Roche-Posay nous en a acheté trois. Et là, je l’ai revendue à un troisième laboratoire. C’est la prochaine étude, un laboratoire américain qui est basé à Genève, en Suisse, et qui va utiliser pour une autre étude avec 5 000 patients la même plateforme, parce que ça a réellement plu.
Il faut te dire que cette plateforme, par exemple Pierre Fabre la met sur les stands dans les congrès. Et quand les médecins passent dans les congrès pour récupérer de la doc, récupérer de l’information, eh bien ils ont une possibilité. Il y a un écran tactile qui leur permet de « jouer » avec, entre guillemets.
C’est ça le point essentiel : ça permet de rendre ludique des résultats compliqués. Il y a une galerie chez Pierre Fabre qui s’appelle La Galerie. Je ne sais plus comment ça s’appelle, mais moi je l’appelle la Galerie des glaces, parce que c’est au niveau du siège historique de Pierre Fabre, où tous les éléments ou les étapes importantes du groupe sont présentés. L’écran y est. Et les invités du groupe peuvent, entre guillemets, « jouer » avec cette plateforme et poser n’importe quelle question qui les intéresse dans le cadre de l’étude, évidemment.
Comment s’est déroulée la collaboration de ton point de vue ? Cela correspondait à ce que tu attendais au départ ?
Pour moi, l’essentiel c’est que ça fonctionne et que le client soit content. Parce que je pense que quand le client en a acheté un, puis en a acheté deux, puis en a acheté trois… Là, j’ai un nouveau projet avec Pierre Fabre qui risque de se mettre en place. Ils m’ont immédiatement demandé de prévoir dans le devis la plateforme, parce que ça leur plaît vraiment.
Et ce qui est drôle, c’est que des industriels comme par exemple Pierre Fabre n’ont pas été en mesure de le faire. Ils ont essayé de développer quelque chose en interne, ils n’ont pas pu. Alors après, si c’est pour faire appel à un prestataire extérieur, autant rester avec moi. Mais ils n’ont pas pu le développer de façon aussi esthétique, parce qu’il faut que ça reste aussi un outil esthétique. Il faut que ce ne soit pas que des stats.
On avait fait un premier essai avec une autre boîte, où c’était très rudimentaire, très triste. Il faut que ça reste avec des couleurs qui reprennent les codes de l’étude, le type de l’étude et les couleurs de l’étude. Voilà, donc évidemment je ne peux pas faire la fine bouche : si on en a fait un, et qu’ensuite on en a fait trois, puis quatre, et peut-être un cinquième, c’est qu’automatiquement ça a convenu. Quand tu sais que cette plateforme va aller dans des endroits, entre guillemets, institutionnels (des groupes), va aller sur les congrès, va aller sur les stands, être partagée avec le plus grand nombre, eh bien il faut que ça corresponde au code esthétique de l’industriel, que ça reste beau.
Des fois on dit : il faut le fond, il faut la forme. On doit avoir autant de forme que de fond.
Que penses-tu de la méthode de travail de Data Champ’ ?
Moi, je suis de la vieille école, donc j’aime bien les gens polis, respectueux. Honnêtement, travailler avec Charles il y a dix ans, ça m’a plu tout de suite parce que c’est quelqu’un de bien, je veux dire. Tu vois, il fait pas de coups en douce, il est clair, il est transparent, il est net, il est honnête. Donc moi, ça me plaisait bien.
Un jour, il m’a dit : « Je vais avoir quelqu’un qui va m’aider », et bon, c’était toi. Je veux dire que qui se ressemble s’assemble, et aucun souci. C’est vraiment un garçon agréable, donc j’ai pas de souci.
Le seul reproche que je peux vous faire, c’est que vous fermez tout le vendredi soir pour rouvrir le lundi. Alors, quand on est dans une énorme boîte, je pense qu’on a raison. Quand on est dans une petite boîte, je pense qu’il faut plus de souplesse, mais j’en sais rien. Chacun fait comme il veut.
Je reste persuadé que, aussi bien toi que Charles, s’il y a vraiment un énorme problème et que j’appelle un samedi à 12 h, vous répondrez. Par exemple, les énormes problèmes que je peux rencontrer, c’est que la plateforme ne fonctionne pas parce qu’il y a un bug alors que mon client est en plein congrès (je serais dans la merde). Donc là, j’ai besoin d’avoir une solution. Heureusement, je n’ai pas été confronté à ça encore parce qu’à chaque fois qu’il y a eu un bug, on avait 24 ou 48 h pour régler le problème.
Mais on peut imaginer qu’ils sont dans un énorme congrès américain et qu’il faille réparer en cinq minutes ou en dix minutes, en tout cas le plus rapidement possible. Je reste persuadé que même si on est dimanche et que j’appelle, quelqu’un me répondra et le travail sera fait.
Y a-t-il un point que tu penses que nous pourrions améliorer pour rendre notre service encore plus adapté ?
Et puis le week-end, c’est anecdotique parce que logiquement il n’y a pas de problème, donc il n’y a pas de souci. Bon, moi je trouve que c’est très bien comme ça, il faut continuer comme ça.
Est-ce que tu veux ajouter quelque chose ?
Tu vois, je peux schématiser en disant que qui se ressemble s’assemble. Charles est une belle personne, toi tu l’es également. Moi, ce n’est pas que je travaille avec toi ou avec lui, pour moi, c’est exactement la même chose et j’ai hyper confiance. Et puis de toute façon, le lien s’est très vite établi et il n’y a pas de souci.
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